31 juillet 2010
 
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Google condamné en Italie

 

  Cette semaine, une nouvelle vient ébranler le modèle internet en place. Trois dirigeants de Google en Italie ont été condamnés à six de prison (avec sursis) pour avoir permis la diffusion sur YouTube la  vidéo d’une agression sur un jeune trisomique.  Google a déjà annoncé que la cause serait portée en appel.

 

Cette nouvelle me porte cependant à mener une réflexion plus large sur ce que deviendra internet au cours des prochaines années. Certains utilisent cette condamnation pour proclamer déjà (à tort selon moi) la mort d’internet. Internet fut conçu à l’origine pour résister à des attaques atomiques ne l’oublions pas!

Par contre, internet, ce n’est pas les réseaux sociaux. Ceux-ci sont encore un modèle en devenir. Les YouTube, Facebook et Twitter de ce monde ouvrent la voie, mais le modèle évoluera encore (qui d’entre vous utilise encore Second Life de façon régulière?). Cependant, tous ces nouveaux services web ont un point en commun: ils sont alimentés PAR leurs visiteurs. Et c’est ce qui explique que les succès soient exponentiels. De ce point de vue, le contenu souvent n’est pas accrédité par quelqu’un de l’entreprise.  Dès qu’un contenu “malveillant” est porté à leur attention par des internautes, le contenu est généralement retiré rapidement. Il peut s’agir d’actes illégaux ou grossiers comme dans le cas mentionné plus haut, mais c’est aussi la façon de faire lorsqu’il s’agit de brimer des droits d’auteurs (il s’agit là d’un autre sujet à part entière, mais la mécanique demeure la même, soit de laisser aller jusqu’au moment d’une plainte).

 

 

Quelles seront donc les implications de cette condamnation pour les médias sociaux? 

  • La première question à se poser est: qui est responsable de ce que je mets en ligne?

Moi? ou celui qui me fournit “l’arme de diffusion massive”? Il faut s’attendre selon moi à des changements prochains dans les licences d’utilisation. Je ne serais pas surpris de voir apparaître des clauses permettant de refiler la facture d’une éventuelle poursuite.

  • La seconde question: Si tout doit être approuvé avant publication, qui paiera la note?

En effet, si la jurisprudence rend le site ultimement responsable de tout ce qui y circule, l’entreprise derrière devra inévitablement disposer des ressources pour se conformer. Imaginez-vous un instant si chaque tweet devait être modéré avant d’'être publié. Voilà une facture qui s’annonce salée.

  • Et la troisième question: Avec les délais qu’implique une telle approbation, qu’advient-il du web en temps réel?

Tout ceci prendrait du temps, de quelques minutes à quelques heures. Comme les gens sont de plus en plus impatient de lire des nouvelles fraîches – et encore bien plus impatient de voir sa propre nouvelle prendre le large! – cela pourrait fort bien entraîner un fort ralentissement du web sémantique, et ce, avant même sa mise en ligne.

 

Je n’ai pas de réponse à ce question, mais je vais continuer à cogiter là-dessus. Pourquoi j’écris tout de même sur le sujet? Parce que j’ai au moins cette certitude: La pire erreur serait de se dire que c’est n’est qu’en Italie, donc sans conséquence ici. Les sites de réseautage sociaux s’adressent au monde entier en même temps. Il leur faudra donc des solutions globales, même si à l’origine la discorde n’arrive que par une botte!

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Je suis tombé dernièrement sur ce sondage de la firme française Spintank, qui démontre comment les gens de l’hexagone utilisent les réseaux sociaux créés par des entreprises. Bien que cette étude ait été réalisée de l’autre côté de l’océan, je crois qu’au Québec (et probablement un peu partout au monde) les résultats seraient similaires.

Voici les grandes lignes:

  • Seulement 17% des gens interrogés se sont déjà exprimés en ligne au sujet d’une entreprise

De ceux-ci:

  • 37% l’on fait pour exprimer une insatisfaction au sujet d’un produit ou service
  • 51% espéraient obtenir une réponse précise ou une expertise de la part de l’entreprise
  • 70% des répondants se sont dits satisfaits de leur expérience

 

Ce qu’il faut retenir de cette étude selon moi:

 

Maintenir une veille constante devient primordial

Bien que cette étude sur l’utilisation des réseaux sociaux portait essentiellement sur les réseaux mis en place par les entreprises elles-mêmes, elle démontre que de plus en plus de gens utilisent les plateformes sociales pour exprimer leur insatisfaction. Comme la nature à horreur du vide, si vous n’êtes pas là pour répondre, quelqu’un le fera “pour” vous.

 

Il faut être prêt à répondre, parfois accepter le blâme

L’automne dernier j’ai fait une fiche sur l’utilisation des réseaux sociaux lors d’une élection. Dans l’ensemble, la marche que je proposais à l’époque peut s’appliquer dans n’importe quel contexte. Répondre rapidement démontrera votre sérieux et votre désir d’être à l’écoute de vosclients. Dans certains cas, votre capacité de réaction pourra même vous apporter une image positive, malgré un commentaire de départ négatif.

 

Il faut des ressources pour investir les médias sociaux

Ce billet de la firme Orénoque sur le branding, la réputation, l’autorité et la confiance résument très bien ce que je pense. Il ne suffit pas de faire du bruit sur le web pour se créer une renommée de qualité. Pour une entreprise, obtenir une réputation enviable jour après jour demande du temps, ne serait-ce que pour s’assurer qu’on ne parle pas dans son dos, ou pire encore, que personne ne parle de soi.

 

 

Les réseaux sociaux sont encore dans bien des cas l’apanage d’une minorité. Cependant, il s’agit d’une minorité très active, qui se charge souvent de contaminer – positivement ou négativement – bien des gens de leur entourage, en ligne et dans la vie réelle. Ignorer cette minorité sera dans un futur plus tellement lointain, une erreur à laquelle peu d’entreprise pourront survivre sans dommage.

 

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